Ce que l’on doit savoir sur le fonctionnement de la mémoire en enseignement supérieur : l’état de la recherche cognitive

Dans un article publié en 2011, la professeure de psychologie Michelle D. Miller résume le développement récent des connaissances sur le fonctionnement de la mémoire qui ont des applications pédagogiques en enseignement post-secondaire. Elle réussit sa synthèse en 5 pages très accessibles. Elle donne deux raisons pour son article synthèse :

  • premièrement, la recherche en sciences cognitives est vaste et complexe, de telle sorte que la façon dont elle a été vulgarisées et appliquée à la pédagogie dans le passé n’a pas toujours été juste, ce qui demande des mises au point;
  • deuxièmement, les connaissances ont évolué rapidement, et ce qui était à la fine pointe hier doit être révisé aujourd’hui.

Après une discussion sur l’évolution des connaissances scientifique sur les différents types de mémoire, l’auteure conclut en énonçant 4 recommandations d’applications pédagogiques issues de l’état actuel des connaissances en cognition humaine. Les voici :

  1. La mémoire à court terme dans son sens traditionnel (celle du rappel immédiat) joue un rôle plutôt limité dans l’apprentissage académique (en-dehors de l’apprentissage de nouveaux mots de vocabulaire). Il est donc peu important de s’en soucier dans la conception du matériel didactique. La mémoire humaine a une capacité impressionnante à absorber l’information bien structurée, personnellement signifiante, et riche de qualités sensorielles et émotionnelles. Ce sont donc des caractéristiques plus importantes à considérer.
  2. La mémoire de travail est plus pertinente à l’apprentissage en situation réelle, mais pas tellement en termes quantitatifs (nombre d’éléments que l’on peut considérer simultanément). Il faut surtout retenir qu’il y a des limites à combien d’informations nous pouvons porter attention à la fois et qu’il vaut mieux s’en tenir à une chose à la fois, autant que possible.
  3. Capter et conserver l’attention des étudiants est d’une importance critique, tout comme leur volonté et leur habileté à se concentrer sur la matière. Sans attention, il ne peut y avoir de mémoire. Varier les types et modalités sensorielles des activités d’apprentissage est bénéfique parce que cela aide à conserver l’attention. L’appariement à des styles d’apprentissages, sensoriels ou autres, est inutile.
  4. L’évaluation fréquente fait partie du processus d’apprentissage. On devrait soumettre régulièrement les étudiants à des activités qui leur demandent de se rappeler ce qu’ils ont appris, peu importe le format, en autant que l’on soit cohérent (ex. évaluation formatives sous la même forme que les évaluations sommatives, et idéalement toutes cohérentes avec l’utilité réelle des connaissances en cause). Pour plus de détails à ce sujet, voir mon billet sur l’entraînement à la récupération.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, je suggère plus particulièrement la section sur les découvertes récentes et les théories et tendances à surveiller.


Source :

Miller, Michelle D. (2011). What College Teachers Should Know About Memory: A Perspective From Cognitive Psychology. College Teaching, 59(3), 117-122. doi: 10.1080/87567555.2011.580636

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